Grazia 1 mois après ou presque.
J’ai reçu, il y a maintenant environ 1 mois, un mail m’annonçant la naissance d’un nouveau féminin. De suite, le ton était donné, ce magazine se veut résolument fashion. A grands coups d’opérations marketing (pub, mailing, soirée de lancement…) dont une application iPhone et un groupe Facebook (vive la modernité…ou pas) le magazine sort en étant bien décidé à se faire une place sur le marché du féminin en dépérir.

Concurrent direct de ELLE qui ne vit ( survit) que sur ses fastes gloires passées et grâce aux annonceurs qui investissent toutes les pages de ce magazine, Grazia pourrait se faire la part belle s’il arrive à un peu de modernité autre que le pseudo féminisme que l’on nous sort à toutes les sauces en nous disant que ce n’est pas partout pareil dans le monde et que l’on devrait s’estimer heureuse de n’avoir seulement à se préoccuper de nos maris volages qui le sont par notre faute de toute manière à en croire un autre grand féminin, féministe qui plus est, Marie Claire ( pour celles qui veulent en savoir plus c’est là.
Alors oui quelque part, Grazia pourrait vraiment se faire une jolie place sous le soleil. Méthodique et réfléchi, le magazine parle à la « femme moderne qui n’a pas le temps » sous entendu la parisienne célibataire de 30 ans qui passe tellement d’heures au boulot qu’elle compense en Manolo.
Sans oublier qu’il faut être proche de ses lectrices, la soirée de lancement avait pour mot d’ordre : « la mode est dans la rue pas uniquement sur les podiums» ; alors quoi de mieux que de faire un « street fashion Show » ?
Très sympa cela étant, dommage de ne pas le développer un peu plus dans le magazine.
Parce que oui, venons-en au magazine, que dire ?
Pour ma part, aucune déception, cela fait bien longtemps que je sais malheureusement que tant que les annonceurs contrôleront les bourses de la presse, il n’y aura rien de bien innovant. Ce que j’ai vu dans ce mag, c’est d’abord, plusieurs bonnes idées piquées ici et là à d’autres mag ou feu magazines voire même blogs et là, je dis well done, quand les idées sont bonnes autant les recycler.
Dans le désordre ça donne du street fashion donc ( Isa) , du Glamourama ( où la tenue de star trop hype) et du culture relégué en fin de mag (Glamour), du Fashion Police ( Caroline Daily) , du spécial mode immettable (ELLE) avec il faut le reconnaître de très belles photos grâce à monsieur le photographe de Paris Match , des indispensables à prix ultra raisonnables ou pas ( Cosmo) et du People, comprendre du Kate Moss, du Posh, du Sienna Miller, du Marc Jacobs, du Dolce et Gabana etc etc…Le tout enrobée de belles pages de publicités ( 47/180) et de la note larmoyante sur la condition des femmes à travers le monde.
En gros un bon mélange des trucs qui marchent chez les autres, sans rubrique sexe histoire de ne pas frustrer notre célibataire parce que tout le monde sait que la célibataire ne baise pas c’est évident, et pas de rubrique pratique non plus, parce que c’est vrai que le plat préparé en 3 min au micro ondes c’est tout sauf glamour et que de toute manière tu n’as pas besoin d’avoir les bonnes adresses des restau gourmets puisque grâce à nous et notre propagande modesque tu n’auras plus une thune pour aller dîner !

Bref, rien de bien neuf sous le soleil. Ok les angles d’approches sont différents, Grazia ne vous parle pas de Kate Moss la modeuse mais de Kate Moss la Rockeuse. Ok
Grazia ne vous parle pas du film sur Anna Wintour mais de Anna Wintour herself ! Ok
En gros Grazia entremêle le glamour et le people and so what ?
Le magazine reste toujours un faux catalogue de vente de tous ces « indispensables » que toute modeuse se doit d’avoir, attention, manque encore les prix en certaines pages. A quand la page commande à la fin du magazine histoire d’acheter directement les so beautiful pièces que l’on nous présente ?
Ah mais suis-je bête ELLE le fait déjà, enfin presque.
En conclusion, quitte à acheter un catalogue de mode je préfère encore Vogue. Grazia selon moi ne suffira pas à fidéliser une clientèle exigeante : la parisienne célibataire de 30 ans bobo et bohème qui n’a décidément pas le temps ! Dommage, ça aurait pu être bien. Advienne que pourra.

(d’ailleurs vous noterez comme souvent les parisiens de souche n’y ont jamais mis les pieds, ma première fois devait être au lycée avec les échanges scolaires où nous avions amené une bande d’espagnol hystérique, mais je m’éloigne…), nos amis voulaient voir l’Arc de Triomphe, nous voilà donc partis direction les Champs, endroit où je ne vais jamais tellement 1) c’est toujours plein à craquer de touristes, 2) j’y vais asssez souvent quand je fais des conférences avec des avocats qui sont tous dans le coin ou à la Défense, et 3) j’y ai passé ma vie à chercher désespéremment quelque chose à manger qui ne me coute pas un rein quand j’étais pauvre stagiaire rue du fbg saint honoré. (jamais trouvé d’ailleurs!)




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