10 juin 2010
Copie conforme, film d’intello?
Copie conforme, on en a parlé pour le prix qu’il a fait gagné à Juliette Binoche à Cannes cette année. Mais moi je voulais le voir parce qu’un film qui traite de l’art et qui se passe en Toscane, forcément ça me parle. L’histoire est celle d’un écrivain anglais qui, à l’occasion d’une conférence sur la copie et l’original dans l’art, rencontre une galeriste. S’en suit une journée entre ces deux protagonistes dans un petit village toscan.
Déjà pendant le film, et plus encore après le film, je suis restée perplexe et je ne sais toujours pas qu’en penser. D’un point de vue esthétique, le film est superbe, la mise en scène légère et juste, la Toscane est magnifiquement filmée avec sa lumière et ses rues si particulières. De même, les acteurs sont biens, même si je ne suis pas sur pour le prix Cannois… J’ai même amplement préféré William Shimell qui, pour son premier film, excelle en justesse et en sensibilité. Car il n’est pas acteur cet homme, mais chanteur d’opéra. Et quel charisme (malgré son « certain âge »)!
Ce qui m’a dérangé, c’est ce scenario étrange, à tiroirs, à énigmes. Certes, Kiarostami (le réalisateur) offre aux spectateurs tout le loisir de fantasmer sur la relation qui unit les deux personnages, mais l’imagination ne fait pas tout. La fin ne donne pas de réponse, et c’est à nous de nous débrouiller avec ce qu’on a… c’est à dire trop peu. De plus, comme le film est assez lent ( ce qui ne plait pas à tous) on espère un final en apothéose, mais non, il nous laisse vraiment sur notre faim. C’est un film à questions, question sur la rencontre amoureuse, question sur le couple et la lassitude, l’absence, l’habitude. Mais de réponse, il n’y en a aucune, ce qui tend à décevoir.
C’est aussi un film sur l’art, un peu mais trop, juste un agréable soupçon. Et là, si les réflexions sont profondes, elles ne demandent pas de réponses (normal c’est de l’art).
Alors quoi? Et bien je ne sais pas… Je ne le déconseille pas, mais ne le conseille pas non plus. C’est beau, c’est profond mais c’est trop abstrait.
(Attention spoiler, si vous comptez voir le film ne lisez pas le paragraphe qui suit).
Si je devais donner mon interprétation, je dirais que ces deux personnes qui se rencontrent et qui se sont vues sans se voir par le passé, vivent en un dimanche après midi, l’intégralité d’une histoire d’amour. De la rencontre au mariage, du doute à l’habitude, des retrouvailles aux désillusions.
(fin du spoiler)
Finalement ce film est comme une métaphore que chacun peut interpréter à son goût. Le message que j’en ai tiré, c’est que la seule véritable œuvre d’art, c’est la personne qu’on aime, et c’est ce que notre regard (parfois faux) lui donne qui la rend d’autant plus belle.
Par contre, si certains l’ont vu, je serais curieuse d’avoir votre avis!







Je ne l’ai pas vu, je dois avouer que la BA ne m’a pas plus inspirée que cela et puis je ne suis pas forcément une grande fan Juliette Binoche, cependant j’ai envie de te poser une question sur le coté abstrait, est-ce le même genre d’abstrait que Wong Kar-Wai?
Je ne comparerai pas cela à du Wong Kar-Way. C’est un film vraiment indéfinissable, le genre de truc qu’on a du mal à attraper.