13 mars 2009
Don du sang
On a beaucoup parlé de la réforme du don du sang dernièrement : Roselyne Bachelot avait promis de l’ouvrir aux homosexuels en 2007, et deux ans et la signature d’un nouvel arrêt ministériel plus tard, être pourvu d’un pénis et préférer les personnes de même sexe reste un critère discriminant pour pouvoir donner son sang.
Roselyne Bachelot s’en justifie alors dans un entretien accordé à Libé:
D’abord, il y a une période muette de plusieurs jours, entre le moment où la personne a été en contact avec le virus et le moment où le virus circule dans le sang et donc devient détectable. Ce qui pose un vrai problème.
En effet ; mais cela reste vrai pour tout le monde, n’est ce pas ?
Ensuite, les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18 % des gays sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels.
En effet, cette donnée est incontestable.
Alors, j’aimerais juste poser une question simple à Madame Bachelot, et à ceux des spécialistes qui mettent en avant le principe de précaution pour justifier cette réglementation archaïque :
Lorsqu’on étudie le nombre de contaminations de façon plus générale, en lisant par exemple ce rapport de l’INVS sur la situation du Sida en France en 2007, on peut se demander : pourquoi les autres populations « à risque » ne sont-elles pas non plus exclues de cet acte généreux ?
Je vous renvoie à la page 12 de ce fameux rapport : on y apprend qu’en 2006 en France, le taux de découverte de séropositivité est de 386 cas pour 100 000 habitants pour les personnes de nationalité sub-saharienne, trèèèèès largement devant toutes les autres nationalités (y compris française).
Il s’agit de cas avérés… sans même parler des risques évalués par les principaux concernés.
Alors je m’interroge: n’est-on pas en de (se) demander pourquoi on a le droit de donner son sang quand on est noir, mais pas quand on est gay ? Peut-être parce que même au nom d’un sacro-saint principe de précaution, le scandale serait général ?
Copa Cabana, qui aime chercher la petite bête dès le matin .
Cette note m’a été inspirée par la lecture d’un article de Direct Matin sur le nombre de contaminations en France par populations à risque, paru il y a quelques jours, et sur lequel je n’arrive pas à remettre la main – je suis preneuse de toute référence, merci !





Je ne savais pas du tout qu’il y avait cet interdit !!
10 à 18% ?!? Ca me paraît énormissime !
C’est très intéressants comme analyse, comme quoi les « minorités » sont bien hiérarchisées.